Histoire d'Illies

 

Illies,  a un patrimoine historique ancien. Elle a entre autre été occupée par les Allemands en 1914 et pratiquement détruite à la fin de la guerre. Elle garde des traces de ce conflit comme un cimetière allemand et des blockhaus en plein champ.

 

Naissance d’Illies

Dans les textes, le nom « Illies » est cité en 966 dans un document signé par le roi Lothaire, ce sont les premières traces écrites, en notre possession, de ce qui n’était alors qu’une seigneurie.

Le village s’est apparemment formé petit à petit : par l’annexion de terres, obtenues par différents seigneurs, tels que par exemple, le comte de Flandres, Arnulphe II, qui donne, en 972, à l’abbaye St-Pierre de Gand, quelques parties de terres, situées à Illies et appartenant au fief de Harnes.

En 1240, Guillaume de Béthune, fait don également de quelques terres (dites de l’Aulnois) situées à Illies, à l’abbaye de Loos.

A cette période, la seigneurie d’Illies comprenait alors un manoir sur mottes, sept bonniers d’héritage, un moulin à vent, des rentes dues par 20 hôtes et plusieurs hommages.

Parmi les sires d’Illies, nous pouvions citer :

  • Au 12ème siècle, Hugues chevalier d’Illies
  • En 1344, Pierre dit Bruniel, homme du châtelain de Lille
  • En 1455, Pierre d’Illies, écuyer, fils de Marc et de Jeanne de Canteleu
  • En 1467, Jean de LIGNY, dit Gallois, conseiller du châtelain Louis de Luxembourg (qui  a fait plusieurs biens et y a fondé trois obits)
  • Puis, en 1510, les DE MELUN gouvernèrent pendant 2 siècles la seigneurie d’Illies, leur blason est d’ailleurs resté le blason actuel de la commune.

L’histoire du village est ensuite marquée par la terrible année 1489. Des troubles avaient éclaté en Flandre et le roi de France soutenait les Flamands contre Maximilien, fils de l’empereur d’Allemagne. Profitant de ces circonstances, des bandes de brigands parcoururent le pays, semant le meurtre et l’incendie, pillant, violant, commettant toutes sortes d’excès.

En 1647, la guerre éclata à nouveau entre la France et l’Espagne. Le maréchal de GASSION, chargé d’assiéger La Bassée, l’entoura d’une ligne de tranchées qui passait près du bas d’Illies. Le prince de LIGNE, avec 2500 chevaux et autant de mousquetaires, voulut forcer la position. Mais les Français s’étaient rangés en ordre de bataille à Illies et les Espagnols durent renoncer à leurs projets.

En 1649, le Comte de BROGLIE, général français de LA BASSEE, dont il était le gouverneur, répandait l’épouvante jusqu’aux villages éloignés. Par son ordre, ILLIES fut donc livré aux flammes.

Illies, fut de nouveau pillé et fourragé en 1708, lors du siège de Lille, aussi bien par les Français que par les Espagnols.

Puis, pendant la guerre de 1914-1918, le village, qui se trouvait sur la ligne de feu, au centre des combats entre les armées britanniques et allemandes, fut détruit  à 96 % et après la victoire, fut décorée de la Croix de Guerre.

Illies est donc un village ayant subi de nombreuses pertes : autant humaines (avec une population qui passe de 1471 habitants en 1914 à 1223 habitants en 1921) que matérielles.

Aujourd’hui, la commune a été entièrement reconstruite, s’étend sur 7,9 km² et compte 1425 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2007.

 

Un peu d’histoire

Le village d’Illies est traversé par deux cours d’eau : la Broelle et la Libaude. Le peuplement est très ancien, puisqu’on y trouve des mégalithes et des matériaux préhistorique. Pendant l’Empire Romain, une riche villa s’installe dans la zone basse. On signale des domaines agricoles dans des hameaux dès l’époque mérovingienne.

Au XII° siècle, les moines cisterciens de l’abbaye de Loos, attirés par la fertilité des terres, s’installent et vont bâtir des batîments d’habitation, de travail et de stockage. En témoignent la salle de l’abbaye, sur le terrain de golf actuel, et la porte de la ferme, à l’Ecuelle, unique dans le pays de Weppes.

La grangia des moines.

Un élégant château de briques sur motte est est fondé par les Melun, Seigneurs du lieu. Il est détruit pendant la premiére guerre mondiale. Illies se trouve en effet sur la ligne de front. En 1917 Illies subit de nombreux dégats et pertes humaines dont on peut se souvenir au Monument aux Morts. Les cimetières militaires allemands témoignent des nombreuses victimes.

La croix en hommage au Capitaine Boyle.

Des vestiges de la guerre, il reste plusiers blockhaus dans le village, dont deux remarquables

Des activités industrielles donnent du travail aux habitants, particulièrement à l’usine Delerue, mais en 1940, l’activité du village est paralysée avec l’arrivée des Allemands. Les habitants évacuent une nouvelle fois. A partir de mai 1940, les Allemands commencent une occupation de plus de 1500 jours.

Dès 1946, Illies retrouve un essor industriel important avec les établissements Delerue, Appourchaux, Carle, et surtout Malbranque. Plus récemment, Delcy a pris la reléve. Illies et sa voisine Herlies ouvrent désormais la voie aux loisirs avec le Golf du Vert Parc.

Information tirées de « La Mémoire de l’Ecuelle »

Ouvrage de Mme Chantal DHENNIN (Présidente du Cercle Historique d’Illies).

 

Blockhaus de l’observatoire

Illies en noir et blanc

Voici quelques photos anciennes duppliquées à partir d’originales généreusement prêtées par les habitants du village.

Si vous avez vous même des documents, preuves du passé, souvenirs de votre village, n’hésitez pas à nous le signaler. Nous sommes en mesure de les numériser à votre domicile sans jamais vous obliger à vous séparer de ces objets précieux.

La place du bourg en 1914

La Grand-Place d’Illies, en 1914. On y voit à gauche l’Estaminet Vienne-Hayart, et à droite le maréchal-ferrand qui, à cette époque, était Arthur CAULLET.

L’estaminet Lefrançois-Lebrun

L’estaminet Lefrançois-Lebrun

Il y avait de nombreux estaminets à Illies.

Ici l’estaminet Lefrançois-Lebrun qui devait se trouver en haut de la rue du Chanoine Rigaut.

La quincaillerie

Au 17 rue de la Mairie, se trouvait la quincaillerie, ici tenue par madame Alicia CAULLET née MOUQUET. Le magasin ne portait pas de nom particulier. Les habitants se rendaient « Chez CAULLET », ou « A la quincaillerie », ou « A la forge »…

L’usine Delerue pendant la guerre.

L’usine Delerue a été partiellement détruite durant la guerre.

Usine Delerue

 

Histoire : La distillerie de betteraves Delerue est construite au début de la deuxième moitié du 19e siècle. En 1873, les frères Delerue font construire un four à potasse pour la calcination des résidus de mélasse. La distillerie de betteraves fonctionne jusqu’en 1905. Deux arrêtés préfectoraux en date du 19 février 1906 et du 23 avril 1907 autorisent la parfumerie Delerue à produire de l’éther sulfurique, du coton nitré et du collodion. La transition ne s’effectue pas sans heurts, en effet le rapport sanitaire de 1910 évoque une explosion liée aux dangers de la nitrification.

Les travaux de mise en conformité avec la réglementation en usage durent un an. L’usine est alors autorisée à fabriquer des parfums synthétiques et en particulier du musc artificiel. Lors de la Première Guerre mondiale, la ville d’Illies est complètement détruite. La distillerie est alors reconstruite. Attestée en 1948, la distillerie d’alcool Delerue cesse ces activités à une date inconnue. En 1965 et jusqu’a sa destruction, en 1997, elle est occupée par l’usine de salaison Delcy.

En 1910, l’usine Delerue produit trois types de produits : des parfums, des salicylates et de la terpine. Les parfums sont réalisés à partir de l’essence de verveine, pour la violette, de palme, de rose d’Inde, de géranium bourbon pour la rose et de citronnelle et de linaloë pour la bergamote. Les principes sont condensés avec de l’acétate et une base, puis distillés en présence de bisulfite de soude.

Pour la confection des salicylates de méthyle et de soude, on fait agir en présence d’acide sulfurique, de l’acide salicylique, de l’acide phénique, du carbonate de soude et de l’alcool méthylique. Le mélange est alors lavé et distillé deux fois. L’opération se fait en chambre de plomb et dure 4 jours. La terpine et le terpinol est une réaction de l’essence de térébenthine avec de l’acide sulfurique. Après décantation l’opération est complétée d’une distillation dans le vide.

Ci dessous Les conscrits

 

La route Nationale suite aux bombardements de la guerre 14-18. Vous remarquerez le bâtiment à l’angle de la rue Maurice Bouchery qui est resté debout et que l’on peut retrouver sur la photo précédente.

 

La route Nationale avant la guerre 14-18

 

La route Nationale après la guerre 14-18 avec les maisons telles qu’elles sont encore aujourd’hui.